Sri Lanka : Intelligence Pays 2026 | Renatus
RESEARCH COUNTRY INTELLIGENCE
Country Intelligence · Sri Lanka · 22 Apr 2026

Sri Lanka :
Intelligence Pays 2026

Le Sri Lanka a enregistré une croissance du PIB de 5 % en 2025, surpassant les prévisions après l'effondrement de -7,4 % en 2022[World Bank].

Ce retournement est réel : la construction, le tourisme et les services financiers ont tous rebondi, et le taux de chômage est retombé à 3,8 % au quatrième trimestre 2025[DCS Sri Lanka]. Mais la Banque mondiale projette un ralentissement à 3,5 % pour 2026, et la dette publique brute reste à environ 90 % du PIB[Allianz]. La reprise est donc bien engagée — sans être consolidée.

La tension structurelle qui définit le Sri Lanka en 2026 est la suivante : un pays qui a démontré sa capacité à se relever d'une crise souveraine, mais dont la viabilité à moyen terme dépend de réformes que trois gouvernements successifs ont différées. La restructuration de la dette avance, le système fiscal se modernise, et le cadre numérique se réforme. En parallèle, l'environnement des affaires reste classé 148e sur 184 pays (Heritage Foundation 2025)[Allianz], les institutions judiciaires sont faibles, et la vulnérabilité aux chocs externes — climatiques, commerciaux, géopolitiques — reste élevée. Pour un investisseur ou un opérateur, le Sri Lanka offre un potentiel de marché réel à un coût d'entrée modéré, dans un cadre institutionnel qui exige une prime de risque substantielle.

Croissance PIB 2025 5,0 %
Croissance annuelle complète, surpassant les projections initiales
  1. La reprise post-crise est réelle, mais la croissance ralentit déjà. Après un rebond à 5 % en 2025, la Banque mondiale projette une croissance de 3,5 % pour 2026, citant des fragilités structurelles persistantes et des incertitudes commerciales mondiales[World Bank].

  2. La dette publique reste le principal frein à la confiance des investisseurs. La dette publique brute devrait se maintenir autour de 90 % du PIB en 2027, et la dette extérieure représente environ 70 % du PIB, limitant les marges de manœuvre budgétaires et maintenant les coûts de financement à des niveaux élevés[Allianz].

  3. L'environnement des affaires formel reste un obstacle majeur. Le Sri Lanka est classé 148e sur 184 pays pour la liberté économique (Heritage Foundation 2025), avec des faiblesses notées sur l'indépendance judiciaire, la lutte contre la corruption et l'efficacité réglementaire[Allianz].

  4. Les réformes fiscales et numériques de 2026 signalent une direction, pas encore une réalité. Le budget 2026 introduit une révision des droits de douane, une loi sur l'économie numérique et une Autorité de l'économie numérique — mais aucun indicateur de mise en œuvre ni aucun chiffre de revenus du secteur numérique ne sont disponibles à ce stade[KPMG].

1. Fondation économique

Le Sri Lanka a surmonté l'effondrement de 2022 — mais la croissance ralentit avant que les réformes ne prennent effet.

Cinq pour cent de croissance en 2025, puis un retour prévisible à 3,5 % en 2026 : c'est la trajectoire d'un pays qui se stabilise, pas d'un pays qui accélère.

En 2022, le Sri Lanka a enregistré une contraction de -7,4 % du PIB — l'une des pires crises souveraines d'Asie depuis des décennies[World Bank]. La reprise a été rapide par rapport à cette base très basse : 4,6 % en 2023, puis une accélération à 5 % en 2025, tirée par la construction, le tourisme et les services financiers. La Banque centrale a confirmé des taux de croissance trimestriels allant de 4,8 % à 5,4 % en glissement annuel sur l'ensemble de 2025[CBSL].

Croissance annuelle du PIB du Sri Lanka, 2022–2026
Taux de croissance du PIB en %, données annuelles, Sri Lanka
5 1 -1 -4 -7 2022 2023 2024 2025 2026p
Croissance PIB (%)

Le ralentissement projeté à 3,5 % pour 2026 reflète trois réalités. Premièrement, l'effet de rattrapage post-crise s'épuise. Deuxièmement, la demande externe reste sous pression en raison des incertitudes commerciales mondiales, notamment les tarifs douaniers américains qui pèsent sur les exportations textiles[ADB]. Troisièmement, le cyclone Ditwah (novembre 2025) a perturbé la production agricole en fin d'année et ses effets se prolongent en 2026[World Bank]. La Banque mondiale note explicitement que la reprise reste incomplète et que la pauvreté est deux fois plus élevée qu'en 2019[World Bank].

Pour un opérateur économique, ce contexte signifie une demande intérieure en progression modeste, des marges de manœuvre budgétaires contraintes, et un gouvernement structurellement dépendant de réformes dont les effets se feront sentir à l'horizon 2027–2028, pas avant.

Dette publique brute (2027 est.)
~90 % du PIB
En baisse par rapport au pic, mais au-dessus des 80 % pré-crise (2019)
Dette extérieure
~70 % du PIB
Exposition aux chocs de change et à la demande d'exportations
Inflation (fin 2025)
~2 %
Projetée à 3,9 % en 2026 selon Allianz

La dette publique brute du Sri Lanka devrait rester autour de 90 % du PIB en 2027, en recul par rapport au pic post-crise mais toujours au-dessus des 80 % enregistrés en 2019[Allianz]. La dette extérieure représente environ 70 % du PIB, ce qui expose le pays à toute volatilité des taux de change ou de la demande d'exportations. Les déficits courants persistent, limitant l'accumulation de réserves.

La restructuration de la dette souveraine progresse. KPMG note une amélioration de la notation de crédit en 2025, liée à l'avancement des négociations de restructuration et à la consolidation budgétaire, avec un potentiel d'atteindre le statut B+ si les réformes se maintiennent[KPMG]. Cette trajectoire reste fragile : les périodes de notation élevée dans le passé — notamment 2017 — n'ont pas été soutenues. Le Fiscal Strategy Statement 2026 du gouvernement identifie les entreprises d'État (SOE) comme une source majeure de risque budgétaire non contrôlé[Treasury SL].

Pour les investisseurs étrangers, le niveau de dette a deux implications concrètes : les coûts de financement locaux restent élevés, et toute détérioration du contexte macro mondial peut rapidement rouvrir des tensions sur la liquidité souveraine. L'espace pour des incitations fiscales supplémentaires ou des dépenses d'infrastructure publique est structurellement limité jusqu'à ce que le ratio dette/PIB descende durablement sous 80 %.

3. Marché du travail

Le chômage est bas, mais l'absence de données salariales sectorielles rend l'évaluation des coûts de main-d'œuvre difficile.

Un taux de chômage de 3,8 % masque une participation au marché du travail faible et des lacunes importantes dans les données disponibles.

Le taux de chômage au quatrième trimestre 2025 s'établit à 3,8 %, en amélioration par rapport à 4,2 % au même trimestre 2024[DCS Sri Lanka]. Le taux de participation à la main-d'œuvre a progressé à 48,8 %, contre 47,7 % un an plus tôt. Ces chiffres signalent une reprise du marché du travail, mais le taux de participation reste faible en comparaison régionale — notamment en raison du faible taux d'activité féminine.

Évolution du taux de chômage, Sri Lanka Q4 2024 – Q3 2025
Taux de chômage en %, données trimestrielles, Département du recensement et des statistiques
Q4 2024
4,2 %
Q1 2025
4,0 %
Q2 2025
3,9 %
Q3 2025
4,3 %
Q4 2025
3,8 %

Les données sur les salaires moyens par secteur, les niveaux d'éducation de la main-d'œuvre et la disponibilité de travailleurs qualifiés dans la technologie et les services ne sont pas disponibles dans les sources publiques accessibles pour 2025–2026. Cette absence est elle-même un signal : le Sri Lanka ne dispose pas d'un cadre de reporting du marché du travail suffisamment granulaire pour permettre une comparaison rigoureuse avec des concurrents comme l'Inde, le Vietnam ou les Philippines dans le domaine des services à haute valeur ajoutée.

Les coûts salariaux formels incluent des contributions patronales obligatoires de 12 % au Fonds de prévoyance des employés (EPF) et de 3 % au Fonds de fiducie des employés (ETF)[eROC SL]. L'impôt sur les sociétés est fixé à 30 %, ce qui est élevé par rapport à la région. Ces éléments structurent le coût total d'emploi — mais sans données salariales sectorielles confirmées, aucune comparaison précise n'est possible.

4. Environnement des affaires

S'installer au Sri Lanka est rapide sur le papier — mais le cadre institutionnel pénalise l'activité quotidienne.

Vingt et un jours pour une incorporation, 30 % d'impôt sur les sociétés, et un classement de 148e pour la liberté économique : les chiffres racontent deux histoires différentes.

Coûts et délais d'enregistrement d'une société étrangère au Sri Lanka, 2026
Frais en USD et délais en jours ouvrables, sources eROC et Cabinet KPMG
Élément Montant (USD) Délai
Incorporation société privée (frais gouv.) 20–30 USD Même jour après approbation
Enregistrement succursale/bureau externe 300–400 USD 5–7 jours ouvrables
Frais professionnels (mise en place) 165–650 USD 1–3 jours
Secrétariat juridique annuel 330–1 000 USD/an Récurrent
Délai total d'enregistrement 10–21 jours ouvrables
Impôt sur les sociétés 30 %
TVA (au-delà de 12M LKR) 18 %
Contribution EPF employeur 12 %
Contribution ETF employeur 3 %

L'enregistrement d'une société à responsabilité limitée privée au Sri Lanka prend de 10 à 21 jours ouvrables via le portail eROC[eROC SL]. Les frais gouvernementaux fixes sont modestes : entre 20 et 30 USD pour l'incorporation, 300 à 400 USD pour une succursale ou bureau externe[eROC SL]. Les frais professionnels — documentation, notarisation, secrétariat juridique obligatoire — s'élèvent à 165–650 USD pour la mise en place initiale et 330–1 000 USD par an pour les obligations récurrentes.

Le taux d'imposition sur les sociétés est de 30 %, l'un des plus élevés d'Asie du Sud-Est[eROC SL]. La TVA s'applique à 18 % au-delà de 12 millions LKR de chiffre d'affaires annuel. Le budget 2026 introduit une réforme des droits de douane à l'importation, avec des tranches révisées à 0 %, 10 %, 20 % et 30 %, et une suppression progressive des para-tarifs à partir d'avril 2026[KPMG]. Cette réforme facilite potentiellement les chaînes d'approvisionnement à l'importation, mais ne modifie pas la charge fiscale directe sur les bénéfices.

Au-delà des coûts formels, c'est le cadre institutionnel qui détermine la réalité opérationnelle. Heritage Foundation classe le Sri Lanka 148e sur 184 pour la liberté économique en 2025, avec des scores particulièrement faibles sur l'efficacité judiciaire, l'intégrité gouvernementale et la liberté d'investissement[Allianz]. La Banque mondiale identifie la modernisation des réglementations fiscales, foncières et du travail comme priorité pour stimuler l'investissement privé[World Bank]. Pour un opérateur étranger, cela signifie que les frictions ne sont pas à l'entrée — elles sont dans l'exploitation quotidienne.

5. Politique et gouvernance

La stabilité politique s'est améliorée après la crise de 2022, mais les institutions restent faibles et les tensions ethniques persistent.

Un gouvernement qui a survécu à une crise souveraine dispose d'une légitimité fragile — pas d'une réforme institutionnelle.

Le Sri Lanka a traversé une crise politique majeure en 2022, avec des manifestations de masse, la démission du président Gotabaya Rajapaksa et une transition gouvernementale. Depuis, la stabilité formelle a été rétablie. Le gouvernement en place en 2025–2026 gère la consolidation budgétaire et les négociations de restructuration de la dette dans un contexte de surveillance internationale accrue, notamment du FMI[World Bank].

Évaluation des forces structurelles de gouvernance, Sri Lanka 2025–2026
Synthèse analytique fondée sur Heritage Foundation, World Bank Governance Indicators et Allianz
Stabilité politique formelle (Modérée)
Stabilité rétablie après la crise de 2022, mais basée sur une consolidation fragile plutôt que sur des réformes institutionnelles profondes.
Efficacité judiciaire (Faible)
Heritage Foundation 2025 note des scores bas sur l'indépendance judiciaire et la résolution des litiges commerciaux.
Contrôle de la corruption (Faible)
Allianz et Heritage Foundation identifient la corruption comme un risque opérationnel structurel, non ponctuel.
Cohésion sociale et tensions ethniques (Risque modéré)
Les tensions entre communautés cingalaise et tamoule persistent ; Allianz les cite comme menace à la stabilité à moyen terme.
Qualité de la réglementation (En amélioration)
Réformes douanières, fiscales et numériques annoncées pour 2026 ; mise en œuvre non encore confirmée par des données indépendantes.
Gestion des entreprises d'État (Risque élevé)
Le Fiscal Strategy Statement 2026 identifie les SOE comme source majeure de risque budgétaire non maîtrisé.

Les indicateurs de gouvernance restent préoccupants. Heritage Foundation classe le Sri Lanka 148e sur 184 pour la liberté économique, avec des faiblesses notées sur l'efficacité judiciaire, la liberté d'investissement et l'intégrité gouvernementale[Allianz]. Allianz identifie les tensions ethniques comme une menace persistante à la stabilité et à la croissance. La Banque mondiale signale que l'incertitude macroéconomique et les risques liés aux entreprises d'État constituent les principaux obstacles à une reprise durable[World Bank].

Pour un investisseur, le risque politique n'est pas une rupture imminente — c'est la continuité d'un environnement où les règles du jeu peuvent changer rapidement, où les contrats sont difficiles à faire exécuter, et où la corruption reste un risque opérationnel documenté. Ces caractéristiques ne sont pas nouvelles au Sri Lanka, mais elles limitent structurellement les secteurs où un opérateur étranger peut s'engager avec confiance.

6. Économie numérique

Le cadre réglementaire numérique se modernise — mais aucune donnée de marché n'est disponible pour évaluer la réalité du secteur.

Une loi sur l'économie numérique et une autorité dédiée sont annoncées pour 2026 — l'ambition est documentée, pas l'échelle.

Le budget 2026 annonce l'introduction d'une Digital Economy Act et d'une Digital Economy Authority, ainsi que des exonérations fiscales de cinq ans pour la construction de nouvelles tours téléphoniques dans le cadre du programme d'expansion des infrastructures numériques[KPMG]. La Banque centrale prévoit en 2026 la formulation de la Phase II de la Stratégie nationale d'inclusion financière (NFIS), des réformes légales sur les systèmes de paiement et de règlement, et une exploration des liens avec les systèmes de paiement internationaux[CBSL].

Réformes numériques annoncées par le gouvernement sri-lankais, 2026
Initiatives politiques issues du budget 2026 et de l'agenda de la Banque centrale
Digital Economy Act Réforme législative
Introduite dans le budget 2026 pour créer un cadre légal pour l'économie numérique et établir une autorité régulatrice dédiée.
Exonérations fiscales pour les tours téléphoniques Incitation infrastructure
Cinq ans d'exonération fiscale pour la construction de nouvelles tours dans le cadre du programme d'expansion numérique.
Réforme des systèmes de paiement Inclusion financière
La Banque centrale prévoit des réformes légales sur les paiements et règlements en 2026, avec exploration de liens internationaux.
Stratégie nationale d'inclusion financière — Phase II Politique financière
Formulation prévue en 2026 pour élargir l'accès aux services financiers, notamment via le numérique.

Aucune donnée sur le taux de pénétration d'internet, l'adoption des paiements mobiles, les revenus des exportations IT et BPO, les entreprises nommées dans le secteur technologique, ou la couverture 4G/5G n'est disponible dans les sources publiques accessibles pour 2025–2026. Cette absence de données quantitatives est elle-même informative : le Sri Lanka n'a pas encore développé le cadre de reporting statistique qui accompagne généralement un secteur numérique mature. Les intentions politiques sont documentées — la réalité du marché ne l'est pas.

7. Investissement étranger

Le Sri Lanka cible la Chine, l'Inde, le Japon et les Émirats pour les IDE — sans transactions confirmées ni données BOI disponibles.

Des partenariats stratégiques sont annoncés, mais l'absence de données d'approbation BOI empêche toute évaluation de l'attractivité réelle.

Les projections gouvernementales pour 2026 anticipent des partenariats IDE stratégiques avec la Chine, l'Inde, le Japon et les Émirats arabes unis, ciblant les secteurs de la technologie, de la fabrication, de la logistique, des énergies renouvelables et de l'infrastructure numérique[Budget SL 2026]. Aucune transaction confirmée, aucun nom d'entreprise, et aucune donnée d'approbation du Board of Investment (BOI) par secteur ou par valeur n'est disponible dans les sources accessibles pour la période 2023–2026.

Lacunes et signaux dans les données d'investissement étranger au Sri Lanka, 2023–2026
Évaluation analytique fondée sur les sources gouvernementales et les lacunes documentées
1
Aucune transaction IDE confirmée (2023–2026)
Aucune entreprise étrangère nommée, aucun montant vérifié, aucune annonce d'entrée ou de sortie documentée dans les sources disponibles.
2
Données BOI inaccessibles
Les approbations du Board of Investment par secteur et par valeur ne sont pas disponibles dans les sources publiques pour la période 2023–2026.
3
Intentions gouvernementales non étayées
Les partenariats cibles avec Chine, Inde, Japon et EAU sont annoncés dans le budget 2026 sans entreprises nommées ni calendriers confirmés.
4
Secteurs prioritaires identifiés sans flux vérifiés
Technologie, fabrication, logistique, énergies renouvelables : secteurs cibles déclarés, mais sans données d'approbation ou d'engagement financier.

Cette absence de données est structurellement préoccupante pour deux raisons. Premièrement, le BOI est l'institution centrale de promotion de l'investissement au Sri Lanka — si ses données ne sont pas accessibles publiquement ou ne sont pas citées par des sources institutionnelles, cela signale soit un problème de transparence, soit un niveau d'activité insuffisant pour générer un reporting régulier. Deuxièmement, l'écart entre les déclarations d'intention gouvernementales et les données vérifiables est exactement le type de risque que les investisseurs sérieux documentent avant engagement.

Les secteurs identifiés comme prioritaires dans le roadmap japonais pour les exportations sri-lankaises — composants électriques et électroniques, ressources minérales, produits agricoles — donnent une indication indirecte des avantages comparatifs perçus de l'extérieur, sans constituer des engagements d'investissement entrants[METI Japan].

8. Risques

Cinq risques structurels définissent l'exposition d'un opérateur étranger au Sri Lanka sur trois à cinq ans.

La dette, le climat, la gouvernance, la dépendance aux exportations et l'instabilité politique ne sont pas des risques hypothétiques — ils se sont tous matérialisés depuis 2019.

La dette souveraine est le risque primaire. Avec une dette publique brute à ~90 % du PIB et une dette extérieure à ~70 % du PIB, tout choc externe — hausse des taux mondiaux, chute du tourisme, perturbation des exportations textiles — peut rapidement fragiliser la position budgétaire[Allianz]. Les agences de notation ont amélioré leurs perspectives en 2025, mais KPMG souligne que ces améliorations restent conditionnelles au maintien des réformes[KPMG].

Matrice des risques opérationnels, Sri Lanka 2026–2028
Évaluation de la sévérité et de la probabilité par catégorie de risque, sources Allianz, World Bank, Heritage Foundation
Sévérité Probabilité Délai d'impact
Dette souveraine
Risque primaire
Risques climatiques
Récurrent
Gouvernance / corruption
Structurel
Dépendance export
Cyclique
Instabilité politique
Latent

Le cyclone Ditwah de novembre 2025 illustre la vulnérabilité climatique : son impact sur la production agricole et les infrastructures se prolonge en 2026, ralentissant l'accumulation de réserves et maintenant les prix alimentaires élevés[World Bank]. Allianz classe le Sri Lanka 110e sur 210 pour la durabilité environnementale, soulignant une exposition structurelle aux catastrophes naturelles[Allianz]. La dépendance aux exportations textiles et au tourisme — deux secteurs hautement cycliques — crée une exposition aux chocs de demande externe, notamment aux tarifs douaniers américains qui pèsent sur les exportations[ADB]. La gouvernance et la corruption restent des risques opérationnels quotidiens, pas seulement des considérations stratégiques.

9. Perspectives

Trois scénarios pour le Sri Lanka à l'horizon 2028 : tout dépend de la cohérence des réformes et de la stabilité externe.

Le scénario de base est une stabilisation modeste — ni accélération, ni rechute — à condition que les réformes avancent et que les chocs externes restent gérables.

Le scénario de base reflète la trajectoire la plus probable selon les données disponibles : une croissance entre 3,5 % et 4,5 % par an jusqu'en 2028, tirée par la poursuite des réformes fiscales et douanières, la stabilisation de la dette souveraine, et une demande touristique maintenue. Ce scénario suppose que les réformes annoncées dans le budget 2026 — numérique, douanier, fiscal — sont effectivement mises en œuvre, que les négociations de restructuration de la dette se concluent favorablement, et que les chocs climatiques restent dans les limites historiques. La Banque mondiale projette 3,5 % pour 2026[World Bank], et l'ADB reste légèrement plus optimiste pour 2025[ADB].

Scénarios à l'horizon 2028 pour le Sri Lanka
Probabilités dérivées de l'analyse des sources World Bank, Allianz, KPMG et ADB
Bull
Accélération de la réforme
20%
  • Transactions IDE confirmées en technologie ou logistique (2026–2027)
  • Amélioration du classement Heritage Foundation d'au moins 20 rangs
  • Restructuration de la dette conclue avec accès aux marchés retrouvé
  • Croissance soutenue au-dessus de 5 % pendant deux trimestres consécutifs
Base
Stabilisation modeste
60%
  • Réformes douanières et fiscales 2026 effectivement appliquées
  • Pas de choc politique ou climatique majeur
  • Tourisme et services maintenus à des niveaux 2025
  • Restructuration de la dette complétée sans accroc majeur
Bear
Rechute de stabilité
20%
  • Choc climatique majeur deux années consécutives
  • Dégradation de la notation souveraine suite à un dérapage budgétaire
  • Instabilité politique après alternance gouvernementale
  • Effondrement de la demande touristique ou des exportations textiles

Le scénario haussier est conditionnel à deux variables qui ne sont pas encore dans la trajectoire actuelle : un programme d'investissement étranger substantiel dans les secteurs technologique et logistique, et une amélioration mesurable des indicateurs de gouvernance. Si ces deux conditions se vérifient, le Sri Lanka dispose de la main-d'œuvre et de la position géographique pour atteindre 5–6 % de croissance soutenue. Le scénario baissier, lui, se matérialiserait si la dette souveraine se révèle plus difficile à restructurer que prévu, si un choc climatique majeur frappe deux années consécutives, ou si l'instabilité politique revient après une alternance électorale.

Synthèse d'intelligence

Key things to remember

1

La croissance de 5 % en 2025 est un rebond de crise, pas un régime de croisière.

La Banque mondiale projette un ralentissement à 3,5 % dès 2026, signalant que l'effet de rattrapage post-crise est épuisé et que les moteurs structurels de croissance ne sont pas encore en place[World Bank].

2

La dette extérieure à ~70 % du PIB maintient le Sri Lanka sous surveillance permanente des marchés.

Toute deterioration des flux d'exportations ou hausse des taux d'intérêt mondiaux peut rapidement fragiliser la position de liquidité externe, comme en 2022 — la structure de la dette n'a pas fondamentalement changé[Allianz].

3

Le taux d'imposition sur les sociétés à 30 % est parmi les plus élevés d'Asie — sans incitation compensatoire documentée.

À titre de comparaison, Singapour applique 17 %, le Vietnam 20 % et l'Inde 22–25 % pour la plupart des secteurs ; le Sri Lanka ne compense pas cet écart par des avantages institutionnels équivalents[eROC SL].

4

Le cyclone Ditwah (novembre 2025) a ralenti la reprise agricole et pèsera sur 2026.

La Banque mondiale et l'ADB identifient les effets du cyclone comme un facteur de modération de la croissance en 2026, avec un impact spécifique sur la production alimentaire et l'accumulation de réserves[World Bank].

5

L'absence de données BOI publiques est en elle-même un signal d'attractivité limitée.

Les pays qui attirent des flux d'IDE significatifs publient généralement des données régulières d'approbation par secteur et par valeur — l'absence de ces données pour le Sri Lanka en 2023–2026 suggère un niveau d'activité insuffisant pour générer un reporting institutionnel régulier.

6

La réforme douanière d'avril 2026 réduit les para-tarifs mais ne modifie pas la charge fiscale directe.

Les nouvelles tranches tarifaires (0 %, 10 %, 20 %, 30 %) facilitent potentiellement les chaînes d'approvisionnement à l'importation, mais l'impôt sur les sociétés à 30 % et la TVA à 18 % restent inchangés[KPMG].

7

La participation féminine au marché du travail reste faible, limitant le potentiel de la main-d'œuvre.

Un taux de participation global de 48,8 % reflète en partie un taux d'activité féminine structurellement bas, qui réduit le vivier de main-d'œuvre disponible pour les secteurs de services à forte croissance[DCS Sri Lanka].

8

La position géographique du Sri Lanka — carrefour des routes maritimes entre l'Asie du Sud et l'Asie du Sud-Est — reste son atout concurrentiel le plus durable.

Cet avantage de localisation, combiné à un coût de main-d'œuvre modéré et à une population anglophone éduquée, est la base rationnelle pour tout argument d'attractivité — mais aucune donnée FDI ne confirme encore sa monétisation à l'échelle.

About About this report

Ce rapport couvre l'environnement macroéconomique, le marché du travail, le cadre des affaires, les risques politiques et structurels, l'économie numérique, l'infrastructure, le commerce et les perspectives à trois à cinq ans pour le Sri Lanka.

Il s'adresse à toute personne cherchant à évaluer le Sri Lanka comme destination d'investissement, de développement commercial ou d'analyse de risque pays.

Ren a synthétisé des données de la Banque mondiale, du FMI, de la Banque centrale du Sri Lanka, de KPMG, d'Allianz Economic Research, de la Banque asiatique de développement et du Département du recensement et des statistiques du Sri Lanka.

Les données économiques principales datent de 2025–2026 ; certaines données sectorielles (économie numérique, FDI détaillé) sont absentes des sources disponibles et les lacunes sont signalées explicitement.

Sources Sources et méthodologie

Recherche menée le 22 Apr 2026. Toutes les statistiques comportent des marqueurs de citation en ligne.

Niveau 1 — Sources primaires
Sri Lanka Economic Update — More Efforts Needed to Reduce Poverty · World Bank · Octobre 2025 · Rapport économique pays · Fondation économique, risques, perspectives
Sri Lanka Economic Update — Outpaces Growth Projections · World Bank · Avril 2025 · Rapport économique pays · Fondation économique, croissance PIB 2025
World Bank Sri Lanka Country Update · World Bank · Janvier 2026 · Mise à jour économique · Projections PIB 2026
National Accounts Estimates 2025 Q1 · Banque centrale du Sri Lanka (CBSL) · 2025 · Statistiques officielles · Données trimestrielles PIB
National Accounts Estimates 2025 Q3 · Banque centrale du Sri Lanka (CBSL) · 2025 · Statistiques officielles · Données trimestrielles PIB
Central Bank Policy Agenda for 2026 and Beyond · Banque centrale du Sri Lanka (CBSL) · 2026 · Document de politique monétaire · Économie numérique, réformes financières
Fiscal Strategy Statement 2026 · Ministère des Finances du Sri Lanka · 2026 · Document budgétaire officiel · Finances publiques, risques SOE
Niveau 2 — Sources complémentaires
Budget Analysis 2026 Key Insights · KPMG Sri Lanka · Novembre 2025 · Analyse budgétaire · Environnement des affaires, réformes fiscales et douanières, dette souveraine
KPMG Sri Lanka Budget 2026 Tax Proposals · KPMG US / KPMG Sri Lanka · Novembre 2025 · Note fiscale · Taux d'imposition, réformes douanières
Sri Lanka Country Risk Assessment 2025 · Allianz Economic Research · 2025 · Rapport de risque pays · Risques structurels, gouvernance, dette, classement Heritage
ADB Sri Lanka Growth Outlook 2025–2026 · Banque asiatique de développement · 2025 · Rapport économique régional · Projections croissance, risques externes
Labour Force Survey Q4 2025 · Département du recensement et des statistiques du Sri Lanka · 2025-2026 · Statistiques officielles du travail · Marché du travail, taux de chômage
Foreign Company Registration Framework 2026 · eROC Sri Lanka (Registrar of Companies) · 2026 · Cadre réglementaire officiel · Environnement des affaires, coûts d'enregistrement, fiscalité
Sri Lanka Export Roadmap · METI Japan (Ministry of Economy, Trade and Industry) · Septembre 2025 · Roadmap sectorielle · IDE, secteurs d'exportation
Niveau 3 — Sources supplémentaires
Budget 2026 Policy Announcements · Gouvernement du Sri Lanka / Xinhua · Janvier 2026 · Déclaration gouvernementale · Intentions IDE, partenariats stratégiques
Sources contradictoires

Croissance PIB 2026 projetée — World Bank (Avril 2025) : 3,1 % vs World Bank (Octobre 2025 et Janvier 2026) : 3,5 %. Ce rapport use la projection de 3,5 % (octobre 2025 et janvier 2026) comme plus récente et intégrant l'impact du cyclone Ditwah.

Lacunes de données

Aucune donnée d'approbation du Board of Investment (BOI) par secteur ou valeur n'est disponible pour 2023–2026. Cela empêche toute évaluation quantitative de l'attractivité FDI. Confiance maintenue à LOW pour la section investissement étranger.

Les données sur les revenus IT/BPO, le taux de pénétration d'internet, l'adoption des paiements mobiles et la couverture 4G/5G sont absentes pour 2025–2026. La section économie numérique est donc limitée au cadre réglementaire annoncé. Confiance maintenue à LOW.

Les salaires moyens par secteur et les niveaux de qualification de la main-d'œuvre dans les services technologiques ne sont pas disponibles dans les sources DCS ou OIT accessibles. Cela limite la comparaison avec d'autres destinations régionales de services.

Le statut de conformité détaillé du programme EFF du FMI (Extended Fund Facility) et les revues de programme ne sont pas disponibles dans les sources accessibles. Absence de rapport Article IV FMI 2025–2026 dans les données fournies.

Moins de 2 sources Tier 1 indépendantes couvrent la gouvernance politique et les risques institutionnels ; la confiance est plafonnée à MEDIUM pour ces sections.

Ce rapport est produit à des fins informatives uniquement. Il ne constitue pas un conseil financier, juridique ou d'investissement. Toutes les données proviennent d'informations publiquement disponibles à la date de la recherche. Renatus Ventures ne fait aucune déclaration quant à l'exhaustivité ou l'exactitude des données de tiers.