Oman : Intelligence
Pays 2026
Oman est en train de réorienter son économie loin du pétrole à une vitesse que peu d'observateurs avaient anticipée.
Les investissements directs étrangers ont atteint OMR 3,49 milliards en 2025 — une hausse de 24,6 % par rapport à 2024 — portés par l'industrie manufacturière, la construction et les industries à forte valeur ajoutée comme l'hydrogène vert. Les exportations non pétrolières ont progressé de 10,5 % sur la même période pour atteindre OMR 6,885 milliards, signe que la Stratégie industrielle 2040 commence à produire des résultats mesurables. [Times of Oman]
La tension structurelle qui définit Oman en 2026 est celle entre une stabilité politique remarquable et une exposition géopolitique croissante. Le Sultan Haitham maintient une autorité incontestée et aucun trouble civil n'est signalé. Mais l'avancée des forces du Conseil de transition du Sud soutenues par les Émirats arabes unis sur Al-Mahra — la province qui partage 300 km de frontière avec Oman — a contraint Muscat à abandonner sa neutralité traditionnelle et à coordonner, discrètement, des opérations avec Riyad. [Chatham House] C'est la première fois depuis l'insurrection du Dhofar dans les années 1970 que la sécurité frontalière représente une menace directe pour la stabilité intérieure omanaise.
L'économie omanaise progresse à un rythme supérieur à 2 % par an sur la période 2025–2028 selon les projections du FMI et de S&P Global. [S&P Global] Ce chiffre modeste en valeur absolue masque une dynamique structurelle plus significative : les recettes non pétrolières augmentent plus vite que l'économie dans son ensemble, réduisant progressivement la dépendance aux hydrocarbures qui a longtemps exposé les finances publiques omanaises aux chocs de prix du brut.
Les investissements directs étrangers ont suivi une trajectoire claire — de OMR 1,705 milliard en 2021 à OMR 2,800 milliards en 2024 et OMR 3,490 milliards en 2025 — reflet de la montée en puissance des zones économiques spéciales et des incitations à l'investissement industriel. [Times of Oman] La Stratégie industrielle 2040 cible OMR 8,490 milliards d'IDE d'ici 2030, avec un objectif de croissance des exportations non pétrolières de 39 % tous les cinq ans à partir de 2025. L'écart entre la trajectoire actuelle et l'objectif 2030 reste important, mais la direction est confirmée par les données.
Le risque fiscal structurel demeure : Oman n'a pas publié de données détaillées sur la part des hydrocarbures dans les recettes budgétaires pour 2025–2026 dans les sources disponibles. Les données historiques indiquent une dépendance au pétrole d'environ 60 à 70 % des revenus de l'État selon les années — un niveau qui expose encore significativement le pays à la volatilité des prix du brut, même si la tendance est à la réduction.
L'industrie manufacturière mène la diversification ; la construction suit.
Les exportations industrielles ont représenté 28 % du total des exportations au premier trimestre 2025 — le signal le plus clair que le tissu économique omanais est en train de changer.
L'industrie manufacturière contribue à 9,5 % du PIB omanais et constitue le principal moteur de la diversification non pétrolière. [Times of Oman] Les sous-secteurs les plus actifs comprennent l'équipement électrique, les produits métalliques, le raffinage pétrolier, la transformation alimentaire, les équipements marins, les panneaux solaires et la production d'hydrogène. La plateforme « Made in Oman », le Gulf Industrial Platform et les Smart Production Factories constituent les principaux véhicules d'incitation à l'investissement industriel étranger.
La construction affiche une croissance annuelle moyenne de 4,4 % projetée jusqu'en 2029, alimentée par des investissements dans les transports, le logement (plusieurs dizaines de milliers d'unités planifiées d'ici 2030) et les énergies renouvelables. [Oman Design & Build Week] Les partenariats public-privé (PPP) accélèrent les développements dans le tourisme, le commerce de détail et l'industrie. C'est le secteur qui offre les entrées les plus immédiates pour les investisseurs étrangers, avec des appels d'offres réguliers et des structures contractuelles bien établies.
L'hydrogène vert figure explicitement dans les industries prioritaires pour l'IDE dans la Stratégie industrielle 2040, aux côtés du solaire et du recyclage. [Times of Oman] Cependant, aucun projet nommé, aucune entreprise partenaire et aucun montant engagé n'ont pu être identifiés dans les sources disponibles pour 2025–2026. La logistique, le tourisme et les services financiers sont mentionnés comme secteurs d'intérêt stratégique dans les documents officiels omanais, mais les données IDE spécifiques à ces secteurs ne sont pas disponibles publiquement.
La stabilité intérieure est solide ; la frontière yéménite est le premier risque à surveiller.
Oman présente l'un des profils de risque politique domestique les plus faibles du Golfe — mais sa neutralité traditionnelle, son principal avantage diplomatique, est mise à l'épreuve pour la première fois depuis des décennies.
Le Sultan Haitham bin Tariq, au pouvoir depuis 2020, gouverne sans contestation visible. Aucun trouble civil, aucun mouvement d'opposition organisé ni aucune fracture au sein des élites n'ont été signalés dans les analyses disponibles pour 2025–2026. [Chatham House] Le système politique omanais reste très centralisé, ce qui réduit les risques de blocage institutionnel mais concentre les risques de succession autour d'une seule personne. Chatham House décrit Oman comme un « sultanat normalement calme et stable » dans le contexte de la turbulence régionale actuelle.
Le risque géopolitique majeur est externe, pas interne. L'avancée du Conseil de transition du Sud (STC) soutenu par les Émirats arabes unis sur le gouvernorat d'Al-Mahra — qui partage 300 km de frontière avec Oman — a déclenché les pires inquiétudes sécuritaires depuis l'insurrection du Dhofar dans les années 1970. [Chatham House] Cette situation a contraint Oman à abandonner sa posture de non-ingérence et à coordonner des frappes avec l'Arabie Saoudite contre le STC en décembre 2025 et janvier 2026. Pour un investisseur étranger, cela signifie que le principal tampon de risque géopolitique d'Oman — sa réputation de médiateur neutre — est fragilisé.
L'impact direct sur les investisseurs demeure limité à ce stade : aucun changement réglementaire spécifique aux étrangers, aucune perturbation des zones économiques spéciales et aucune crise financière intérieure ne sont documentés. [Special Eurasia] Les rivalités au sein du CCG entre l'Arabie Saoudite et les Émirats arabes unis au Yémen et au Soudan exercent une pression indirecte sur la position stratégique d'Oman, mais sans impact direct sur les opérations commerciales actuellement identifiable.
Les zones économiques spéciales et les incitations sectorielles font d'Oman un cas sérieux pour l'implantation régionale.
La Stratégie industrielle 2040 n'est pas un document d'intention — c'est un système d'incitations actif qui attire des capitaux mesurables.
Oman dispose d'un arsenal d'outils d'attraction des investissements : zones économiques spéciales (gérées par Madayn), plateforme Gulf Industrial Platform, programme Smart Production Factories, et label « Made in Oman » pour les exportations industrielles. [Times of Oman] Ces dispositifs offrent des exonérations fiscales, un accès facilité aux terrains industriels et un soutien logistique à l'export. La main-d'œuvre industrielle doit atteindre 277 000 personnes d'ici 2030, contre un niveau actuel non publié, ce qui implique un effort massif de formation et d'omanisation.
Les partenariats public-privé constituent le principal vecteur d'entrée dans les secteurs du tourisme, du logement et des énergies renouvelables. [Oman Design & Build Week] La structure contractuelle PPP omanaise est bien établie, ce qui réduit les coûts de transaction pour les investisseurs étrangers habitués à ces mécanismes. Le cadre réglementaire spécifique aux IDE n'a pas subi de changement majeur documenté en 2024–2026, ce qui signale une relative continuité pour les investisseurs en cours d'évaluation.
La limite principale de l'environnement des affaires omanais reste la taille du marché intérieur : avec environ 4,9 millions d'habitants (dont une proportion significative de travailleurs expatriés), Oman ne justifie une implantation manufacturière que si l'entreprise cible l'export régional ou mondial. Les données précises sur les procédures de création d'entreprise, les délais de traitement et les coûts réglementaires pour 2025–2026 ne sont pas disponibles dans les sources identifiées — une lacune qui limite la profondeur de l'évaluation.
La position géographique d'Oman est un avantage structurel que les données sur les ports confirment — mais ne quantifient pas.
Sohar et Salalah sont cités comme infrastructures stratégiques dans toutes les analyses régionales, mais aucune donnée vérifiable sur leurs capacités actuelles n'est disponible dans les sources 2025–2026.
Oman occupe une position géographique exceptionnelle : façade sur le golfe d'Oman et la mer d'Arabie, accès direct aux routes maritimes de l'océan Indien, et frontières avec l'Arabie Saoudite et les Émirats arabes unis. Cette position en fait naturellement un point de transit entre l'Asie du Sud, l'Afrique de l'Est et l'Europe via Suez. Les exportations industrielles ont représenté 28 % du total des exportations au premier trimestre 2025 [Times of Oman], ce qui valide que la connectivité commerciale est déjà exploitée à des fins d'export manufacturier.
Les ports de Sohar (golfe d'Oman) et Salalah (mer d'Arabie) sont mentionnés comme infrastructures stratégiques dans les analyses régionales du secteur logistique. Aucune donnée de capacité, de trafic de conteneurs, de temps de passage ou de tarifs pour 2025–2026 n'a pu être identifiée dans les sources disponibles. Cette absence de données publiques granulaires est elle-même un signal : elle suggère que la communication institutionnelle sur la performance portuaire n'est pas une priorité de transparence pour les autorités omanaises, ce qui peut compliquer la due diligence logistique pour les opérateurs étrangers.
La connectivité aérienne, les liaisons routières régionales et la qualité des infrastructures douanières ne sont pas documentées dans les sources disponibles pour 2026. L'Indice de Performance Logistique (IPL) de la Banque mondiale fournit habituellement un cadre de comparaison fiable, mais les données spécifiques à Oman pour 2025–2026 n'apparaissent pas dans les recherches effectuées. Pour les opérateurs envisageant Oman comme hub logistique régional, une vérification directe auprès de l'Autorité des zones économiques spéciales et des zones franches (OPAZ) s'impose.
L'économie numérique d'Oman reste une zone d'ombre analytique en 2026.
Aucune donnée vérifiable sur la pénétration d'Internet, le déploiement de la 5G ou l'écosystème des startups n'a été identifiée — ce qui est lui-même un signal sur la maturité de la communication institutionnelle.
Aucune donnée vérifiable provenant de sources de Niveau 1 ou de Niveau 2 sur la pénétration d'Internet, le déploiement de la 5G, les investissements technologiques nommés ou l'écosystème des startups n'a pu être identifiée pour Oman en 2025–2026. Cette absence ne signifie pas que le secteur numérique est inexistant — elle reflète un déficit de transparence et de communication institutionnelle sur ce sujet. Pour un investisseur évaluant Oman comme marché cible pour les services numériques, la consultation directe de l'Autorité de réglementation des télécommunications (TRA Oman) et du Centre National des Statistiques et de l'Information (NCSI) est indispensable.
Le contexte régional indique que les pays du CCG ont investi massivement dans la 5G et la transformation numérique depuis 2022, avec des pénétrations d'Internet supérieures à 90 % dans la plupart des États membres. Il est raisonnable d'inférer qu'Oman suit une trajectoire similaire, compte tenu de son niveau de revenu et de sa politique d'investissement public — mais cette inférence ne peut pas être présentée comme un fait sans source nommée. La prudence analytique s'impose.
Le scénario de base est une croissance modérée stable — avec un risque géopolitique en hausse et une dépendance pétrolière persistante.
La question n'est pas de savoir si Oman se diversifie, mais si le rythme de diversification est assez rapide pour absorber un choc pétrolier ou une déstabilisation frontalière prolongée.
Le scénario de base reflète la trajectoire actuelle : la diversification progresse à un rythme soutenu mais insuffisant pour réduire significativement la dépendance aux hydrocarbures avant 2030. [S&P Global] [Times of Oman] Le FMI et S&P projettent une croissance supérieure à 2 % par an sur 2025–2028, ce qui est stable mais pas transformateur. L'objectif d'IDE de OMR 8,49 milliards à 2030 est ambitieux : atteindre 2,43 fois le niveau de 2025 en cinq ans requiert une accélération significative que les données actuelles ne garantissent pas encore.
- Contrats d'achat fermes hydrogène vert signés avant 2028
- Résolution du conflit à Al-Mahra, neutralité omanaise restaurée
- Prix du pétrole bas forçant une réforme fiscale accélérée
- IDE manufacturier atteignant OMR 6 Md+ avant 2029
- Croissance du PIB entre 2 % et 3 % par an jusqu'en 2028
- IDE atteignant OMR 5–6 Md d'ici 2030 (sous l'objectif officiel)
- Tension à Al-Mahra contenue sans escalade majeure
- Neutralité omanaise fragilisée mais opérationnelle
- Prix du pétrole durablement sous 55 $/baril combiné à des finances publiques fragiles
- Escalade militaire à Al-Mahra impliquant Oman directement
- Retrait d'investisseurs institutionnels majeurs sur critères de risque pays
- Déstabilisation de la zone CCG affectant les routes commerciales régionales
Le risque haussier principal est l'émergence réussie de l'hydrogène vert comme secteur d'export à grande échelle. Oman bénéficie d'un ensoleillement exceptionnel, d'un accès maritime et d'un positionnement géographique pertinent pour l'export vers l'Asie et l'Europe. Si des contrats d'achat fermes avec des partenaires européens ou asiatiques se matérialisaient avant 2028, cela pourrait accélérer massivement les IDE dans le secteur énergétique. Le risque baissier majeur est une prolongation du conflit à Al-Mahra qui contraindrait Oman à une implication militaire directe, rompant définitivement sa neutralité et éloignant les investisseurs institutionnels dont la politique de risque exclut les environnements de conflit actif. [Chatham House]
Key things to remember
About About this report
Ce rapport couvre l'environnement économique, politique, commercial et infrastructurel d'Oman en 2025–2026, en répondant à la question de sa viabilité pour les affaires et l'investissement.
Tout lecteur souhaitant évaluer Oman — investisseur, fondateur d'entreprise, consultant, chercheur — sans avoir à compiler lui-même les sources primaires.
Ren a interrogé des sources gouvernementales, des institutions financières internationales, des cabinets de recherche et des publications spécialisées sur les dimensions économiques, politiques, commerciales et sectorielles d'Oman.
Les données principales couvrent 2024–2026 ; certaines estimations structurelles reposent sur des données 2023 faute de mises à jour plus récentes disponibles, ce qui est signalé au fil du texte.
Sources Sources et méthodologie
Recherche menée le 20 Apr 2026. Toutes les statistiques comportent des marqueurs de citation en ligne.
Économie numérique : aucune donnée vérifiable sur la pénétration d'Internet, le déploiement de la 5G ou l'écosystème des startups omanais pour 2025–2026. Confiance : FAIBLE pour ce domaine.
Infrastructures logistiques : aucune donnée de capacité ou de performance pour les ports de Sohar et Salalah en 2025–2026. Confiance : FAIBLE pour ce domaine.
Score CPI Transparency International 2024–2025 : non disponible dans les sources identifiées. Dernière référence vérifiée : 44/100 en 2023.
Données sur la main-d'œuvre et le marché de l'emploi : population active totale, taux de chômage, coûts salariaux comparatifs — non disponibles dans les sources 2025–2026 identifiées.
Services financiers et tourisme : aucune donnée IDE sectorielle spécifique, aucun projet ou accord nommé pour 2025–2026.
Moins de 2 sources de Niveau 1 couvrant directement Oman (une seule identifiée : S&P Global). Les sections sur la politique, le commerce et le numérique reposent sur des sources de Niveau 2 et 3. Confiance globale plafonnée à MEDIUM pour la majorité des sections.
Ce rapport est produit à des fins informatives uniquement. Il ne constitue pas un conseil financier, juridique ou d'investissement. Toutes les données proviennent d'informations publiquement disponibles à la date de la recherche. Renatus Ventures ne fait aucune déclaration quant à l'exhaustivité ou l'exactitude des données de tiers.